La ré-industrialisation de la France, c’était avant les élections ?

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis incapable de faire preuve de la moindre trace de mauvais esprit, et que je suis tout autant insoupçonnable d’émettre la moindre critique sur la manière dont nos élites nous gouvernent... ! Pour autant, et bien que ne souhaitant pas jauger le mandat qui s’ouvre pour la nouvelle majorité, je suis tout de même tenté d’émettre quelques réserves. Bon, je crois que j’ai suffisamment emballé la chose pour vous la livrer comme je la pense.
Cela fait quelques mois, pour ne pas dire quelques années maintenant, que l’industrie paraissait avoir regagné une petite place dans le coeur des français. Un regain d’intérêt médiatique, un discourt plus positif… Une prise de conscience de son indispensable présence dans le fonctionnement de notre société semblait même se faire jour dans l’esprit de gens influents. Et même dans une campagne phagocytée par les démêlés judiciaires en tous genres, le sujet a tenté d’exister, à en juger par le déplacement de certains candidats à l’usine Whirlpool. C’était bon signe, nos dirigeants avaient enfin compris que la relance économique de notre Hexagone passe par la mise en place de Industrie du Futur. La remise en état industrielle des territoires était en marche !
Où est le problème puisque l’équipe qui va nous sauver est en train de se mettre au travail ? Rien de grave en somme, juste la disparition du MINISTÈRE de l’INDUSTRIE !!!
C’est pour le coup la première innovation de ce gouvernement, après la nouvelle vision de la moralisation de la vie publique (non, ça c’est trop facile, je retire). Ce petit problème d’intitulé est-il grave ? C’est évidemment trop tôt pour le dire, mais ce qui me semble évident, dans cette période de 4ème révolution industrielle annoncée, c’est que le signal donné est tout sauf engageant.
Alors, pour positiver, on peut maintenant se persuader que le Président Macron ne manquera pas de perfectionner la mesure de sur-amortissement qu’avait imaginé le Ministre de l’Industrie Macron en conditionnant son octroi à « des investissements productifs en lien avec l’Industrie du Futur » comme l’ont fait nos voisins italiens. Il n’est pas interdit de rêver : il paraît que le vieux monde change !
Maintenant, quand on voit que Michelin va faire disparaître 1.500 postes, principalement en production, d’ici quatre ans, selon un plan prévu depuis un an et demi semble-t-il, ou bien encore que les Creusois de GM&S paraissent de plus en plus inexorablement condamnés à plus ou moins court terme, je ne suis pas loin de penser que l’on est plus près de l’ouverture du bal que du soufflage des chandelles ! De là à ce que la canicule se prolonge en septembre sur le climat social, il n’y a qu’un pas. Alors croisons les doigts et vive l’Industrie !

Vincent Lebugle