De l’importance du choix des buses

Pour un non spécialiste, une buse est une buse, et si le choix d’un poste à souder semble bien entendu indispensable pour en adapter les caractéristiques aux besoins dictés par l’application, les matières assemblées…, celui de la buse peut sembler très secondaire. Pour en juger, nous sommes allés à la rencontre de System Weld, un centre de formation très actif malgré sa taille, et surtout animé par un passionné de soudage prompt à se faire une opinion par lui-même.


Pour Christophe Lagarde, Gérant de System Weld, « le choix de la buse est tout sauf accessoire, et peut dans certaines applications avoir un effet déterminant sur l’aspect et la qualité de la soudure ». Pour autant, tous les systèmes (postes, faisceaux, torches) sont systématiquement livrés équipés de diffuseur et de buse standard. La raison de cette pratique est assez facile à comprendre lorsque l’on connaît la fonction de ces éléments au sein de l’opération de soudage TIG. Il s’agit de former autour du bain de fusion, ainsi qu’à l’arrière de la zone de re-solidification du métal, un volume dépourvu d’oxygène afin d’éviter la formation d’oxyde sous l’effet d’une température élevée. Un phénomène qui a plus ou moins d’importance selon les applications de l’assemblage, les matériaux à assembler et les contraintes en termes d’aspect. Ainsi, les buses de type standard représentent donc le compromis idéal pour les utilisations courantes et sur les alliages d’aluminium. En effet, ces derniers sont insensibles à l’usage des équipements que nous allons présenter plus loin.

Améliorer la protection gazeuse

Dès lors que l’on souhaite assembler du titane, des aciers inoxydables ou réfractaires, la protection gazeuse obtenue avec les buses classiques s’avère insuffisante et conduit à l’utilisation d’autres solutions. Il en existe plusieurs, mais se valent-elles toutes ? C’est ce qu’a voulu juger objectivement Christophe Lagarde au travers de différents tests de soudage effectués avec les divers systèmes disponibles sur le marché. « Si les solutions que nous avons comparées apportent toutes une amélioration, les coûts qu’elles engendrent ne sont pas identiques et l’apport de certaines d’entre elles n’est pas toujours évident à identifier », confie notre spécialiste qui a de nombreuses années de soudage aéronautique à son actif et sait de quoi il parle. « Avec une buse classique, le gaz passe au travers du diffuseur (sorte de filtre poreux - NDLR), puis poursuit sa trajectoire vers la pièce en englobant l’électrode, l’arc et le bain dans une gaine gazeuse dont le flux n’est pas spécifiquement contraint et tourbillonne un peu sur luimême. Ce faisant, le gaz a tendance à agiter le bain et à le chasser de son plan de joint » , ajoute-t-il. Le kit le plus reconnu et le plus utilisé aujourd’hui pour... Lire la suite