Machines-outils italiennes : la hausse des commandes se poursuit

Le 02/02/2022 à 17:30

Barbara Colombo, présidente de l’UCIMU, s’en réjouit, les commandes de machines-outils sont satisfaisantes. Elle déplore cependant que les retards dans l'approvisionnement en matières premières et composants, ainsi que l’augmentation en flèche des coûts exercent une pression très lourde sur les constructeurs et alerte sur les risques de retard des livraisons concernée par les mécanismes de soutien à l’investissement.

 

Au 4 e trimestre 2021, l’indice des commandes de machines-outils, élaboré par le Centre d'études et culture d'entreprise d'UCIMU-Sistemi per Produrre, fait état d'une hausse de 49,4 % par rapport à la période octobre à décembre 2020. En valeur absolue, l'indice s’est fixé à 129,1 (base 100 en 2015). Il s'agit de chiffres records qui n'ont jamais été atteints. Un résultat qui découle de l'évolution positive des commandes collectées sur le marché extérieur ainsi que des résultats excellents du marché intérieur. En effet, les commandes en provenance de l'étranger ont augmenté de 29 % par rapport à la même période de l'année précédente, ce qui les place à un indice de 101,5 en valeur absolue de l'indice de référence. Du côté du marché domestique, les commandes ont augmenté de 96,9 %, pour atteindre une valeur absolue d'indice de 243,9. En glissement annuel, l'indice des commandes affiche une augmentation de 70,1 %, pour une valeur absolue de 130,4. Si l'on constate une nette reprise des activités à l’étranger, qui s'est traduite par une augmentation de 43,6 % des commandes, avec une valeur absolue de 112,7, on observe aussi principalement une augmentation plus qu’exponentielle des commandes domestiques, qui ont augmenté de 166,6 % par rapport à 2020, pour une valeur absolue de 182,7. Ce n'est en effet pas seulement le 4 e trimestre qui a affiché une performance exceptionnelle, c’est l'année entière sur ses quatre trimestres, par rapport aux périodes de référence respectives qui est en progression.

 

Un problème de riches

Des résultats qui font dire à Barbara Colombo que «  2021 a été une année absolument satisfaisante pour les fabricants italiens de machines-outils, comme en témoigne l'évolution de l'indice des commandes sur les douze mois, dont la croissance a été déterminée, d'une part, par la reprise partielle de l'activité sur les marchés extérieurs et, d'autre part, par le dynamisme de la demande italienne soutenue, également, par les mesures incitatives gouvernementales Transition 4.0. Cette augmentation inattendue des commandes, toutes concentrées dans un laps de temps très réduit, accompagnée des goulots d’étranglement pour les matières premières, les composants électriques et électroniques, en raison de l'interruption des chaînes d'approvisionnement en particulier en Extrême-Orient, met à rude épreuve nos entreprises, qui sont obligées de reporter la livraison des machines commandées, en attendant les matières premières. Sic stantibus rebus [les choses demeurant en l’état, N.D.L.R.], les fabricants de machines-outils pourraient avoir des difficultés à assurer la livraison des machines commandées en 2021 avant le 30 juin 2022, date limite pour que le client puisse bénéficier des avantages fiscaux, comme le prévoit la mesure gouvernementale 2021. C'est pourquoi nous demandons aux autorités gouvernementales de prendre immédiatement des mesures pour allonger de six mois les délais de livraison des machines commandées avant la fin de 2021, en décalant l'échéance du 30 juin 2022 au 31 décembre 2022.  »

 

Des arguments de poids

Selon la présidente, «  la modification de la mesure ne pèserait nullement sur les caisses de l'État, elle serait au contraire très bénéfique pour l'ensemble du système manufacturier du pays, qui, engagé dans le processus progressif de transition numérique, ne peut certainement pas arrêter le développement en cours, indispensable pour préserver la compétitivité de l'industrie  ». D’après Barbara Colombo, les fabricants italiens doivent faire face à deux problèmes majeurs pour lesquels ils demandent une attention particulière aux autorités gouvernementales. «  Le premier concerne les coûts de production que l'industrie doit supporter. Nous assistons à une augmentation en flèche des prix des matières premières, des composants et de l'énergie. Des augmentations que nous ne pouvons certainement pas reporter sur nos clients. Pour les matières nécessaires, l'impact sur nos entreprises est direct et par conséquent dévastateur. Concernant l'énergie, l'effet direct est moins problématique, car le secteur n'est certes pas classé parmi les grands énergivores, mais cela reste très lourd car il affecte toute la filière en amont et en aval.  »

Le second problème concerne la nécessité de défendre les marchés étrangers, auxquels est destinée plus de la moitié de la production du secteur. «  Dans le cas spécifique des machines-outils, outre la vente, qui ne peut certainement pas se faire à distance, sauf cas exceptionnels, il y a aussi l'installation et les essais, qui nécessitent la présence de personnel. Malheureusement, les quarantaines, les vaccins non reconnus par l'Agence européenne du médicament, les prélèvements nasopharyngés et les règles vagues et changeantes d’un pays à l’autre rendent toute cette activité très lourde. C'est pourquoi nous souhaitons que les autorités gouvernementales interviennent pour alléger la bureaucratie liée aux voyages et aux déplacements  », conclut la présidente de l’UCIMU.

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