Alors que les acteurs asiatiques dominent le marché mondial de la robotique mobile autonome, une PME française démontre qu’il est possible de concurrencer ces géants sans délocaliser, sans compromis technologique et sans renoncer à la souveraineté industrielle. Forx, fabricant français de robots autonomes, dévoile aujourd’hui comment son modèle technologique et économique lui permet d’atteindre des coûts de production comparables à ceux de la Chine, tout en proposant une adaptation fine aux spécificités du marché européen.
Une conception pensée pour la complexité du marché européen
La compétitivité de Forx repose tout d’abord sur sa capacité à répondre aux spécificités du marché européen. Contrairement aux États-Unis, considérés comme un marché homogène à grande échelle, l’Europe est un ensemble fragmenté où les normes, les exigences de sécurité, les habitudes industrielles et les cultures opérationnelles varient d’un pays à l’autre. Les fabricants asiatiques raisonnent souvent en volumes standardisés, pensés pour des déploiements massifs. Forx, au contraire, a intégré cette diversité dès la conception de ses machines.
Cette anticipation permet à l’entreprise de proposer des robots capables de s’adapter à des environnements industriels très différents, sans nécessiter de lourdes reconfigurations. Forx se distingue également par sa capacité à installer une solution de test opérationnelle en une journée, avec plusieurs missions actives. Là où certains concurrents nécessitent plusieurs semaines, voire plusieurs mois d’intégration, les industriels peuvent évaluer les performances sur le terrain pendant deux mois, en conditions réelles. Cette rapidité d’exécution, associée à une forte capacité d’adaptation, permet de réduire les risques opérationnels et d’accélérer les projets d’automatisation.
« Le marché européen n’est pas un marché unifié, c’est une mosaïque. Chaque pays a ses normes, ses habitudes, ses contraintes opérationnelles. Chez Forx, nous l’avons intégré dès le premier jour de conception. C’est précisément ce qui fait la différence sur le terrain », précise Yves Cazard, P-DG de Forx.
Rivaliser avec la Chine sur les coûts, sans rien céder sur la souveraineté
Pendant longtemps, concurrencer les prix chinois a semblé hors de portée pour les industriels européens. Forx démontre aujourd’hui le contraire en développant en France ses machines, ses cartes électroniques et ses logiciels, sur ses sites de Meaux et de Clermont-Ferrand. Cette maîtrise complète de la chaîne de valeur lui permet d’optimiser les conceptions mécanique et électronique afin de contenir les coûts, là où de nombreux fabricants chinois doivent intégrer des composants européens coûteux pour répondre aux exigences d’un marché particulièrement attentif à la fiabilité. Résultat : des coûts de production comparables à ceux de la Chine, avec un niveau de cohérence technique et d’adaptation supérieur.
« Nous produisons en France, avec des ingénieurs français, sur des sites français et nous affichons pourtant des coûts comparables à ceux de la Chine. C’est le résultat d’une maîtrise totale de notre chaîne de valeur, du logiciel à l’assemblage. Là où nos concurrents chinois dépendent de composants européens pour rassurer leurs clients, nous garantissons une souveraineté technologique complète », affirme Yves Cazard.
La souveraineté technologique, un argument devenu central pour les industriels
Dans un contexte de renforcement des exigences en matière de cybersécurité et de tensions croissantes sur les chaînes d’approvisionnement, la question de la souveraineté pèse de plus en plus dans les décisions d’achat. Les robots Forx fonctionnent grâce à une infrastructure 4G/5G propriétaire et à un cloud souverain, sans connexion aux systèmes informatiques des sites qui les accueillent. Cette indépendance technologique constitue un argument décisif, y compris pour des groupes aux exigences élevées comme Daher, Airbus Industrie ou Alstom, que l’entreprise compte parmi ses clients. Plus de 120 robots ont été conçus et fabriqués sur les deux sites français de l’entreprise.
Par ailleurs, le fabricant propose un modèle économique qui abaisse les barrières à l’automatisation. L’innovation de Forx ne repose pas uniquement sur la technologie : elle transforme également le modèle économique de la robotique industrielle. Plutôt que de vendre ses robots, l’entreprise propose une offre locative incluant la maintenance, les mises à jour logicielles et l’accompagnement au déploiement. Ce modèle permet aux PME d’accéder à la robotique sans investissement initial. Le ticket d'entrée est d’environ 950 € par mois pour 50 heures d’utilisation mensuelle, cloud inclus. Le robot devient rentable dès deux heures d’utilisation quotidienne, ce qui permet une adoption progressive et maîtrisée. « Avec Forx, une entreprise peut déployer un robot en moins d’une journée, sans toucher à son infrastructure informatique et sans investissement initial. L’automatisation devient un levier de compétitivité immédiat, ajustable à l’activité réelle », explique Yves Cazard.

