Légère baisse des commandes de machines-outils en Italie

Le 05/05/2022 à 11:43

Au 1 er trimestre 2022, l’indice des commandes de machines-outils, élaboré par le Centre d'études et culture d'entreprise d'Ucimu-Sistemi per Produrre, fait état d'une légère baisse par rapport à la période de janvier-mars 2021. En termes absolus, l'indice s’est fixé à 164 sur la base 100 établie en 2015. Un résultat affecté par la baisse des commandes sur le marché domestique, alors que les commandes en provenance de l'étranger augmentent.

 

Avec 3 % de baisse au 1 er trimestre, les commandes de machines-outils fléchissent en Italie du fait d’une baisse sensible des commandes intérieures en recul que ne compense pas l’afflux de commandes extérieures. En effet, sur le front extérieur, les commandes ont augmenté de 5,3 % par rapport à la même période de l'an dernier. La valeur absolue de l’indice s’est fixée à 163,2. Pour autant, l'indice des commandes collectées sur le marché intérieur a quant à lui enregistré une baisse de 15,9 % par rapport à la même période de l'année précédente. La valeur absolue de l'indice s’est fixée à 164,4.

 

Porter l’effort sur l’exportation

Barbara Colombo, présidente d'Ucimu-Sistemi per Produrre, a déclaré : «  L'activité sur les marchés extérieurs est indispensable pour les fabricants italiens. C'est pourquoi, malgré les difficultés causées d'abord par la pandémie puis par le conflit, il faut renforcer nos initiatives à l’étranger, et pas seulement pour regagner le terrain perdu au cours des deux dernières années. La situation actuelle doit inciter les entreprises italiennes fabriquant des machines-outils à revoir l'ordre de priorité des marchés. S'il est important de continuer à expérimenter de nouveaux débouchés sectoriels pour le Made in Italy , il est aujourd'hui indispensable de contrôler et de développer l'activité sur les marchés traditionnels. Je pense notamment à l'Europe et aux États-Unis, afin de s'assurer des parts de marché dans des régions où les économies tisseront plus facilement des relations commerciales dans un avenir proche. Sur le front intérieur, le fléchissement enregistré par les constructeurs italiens sur le marché découle de deux raisons : d'une part, il est comparé à un résultat résolument positif, celui du 1 er trimestre 2021 ; d'autre part, il peut raisonnablement venir de la décision des utilisateurs d'anticiper les décisions d'achat au dernier trimestre, pour bénéficier des mesures incitatives 4.0 dont les taux prévus par la dernière loi de finances (2021) étaient supérieurs aux taux actuels (2022).  »

 

Des inquiétudes croissantes

Cependant, la présidente d'Ucimu-Sistemi per Produrre avance d’autres raisons : «  D'autre part, bien qu'il s'agisse d'une baisse absolument faible et que, pour le moment, la collecte de commandes soit encore à des niveaux très élevés, comme le montrent les valeurs absolues de l'indice, une certaine inquiétude commence à s’insinuer parmi les constructeurs. Ces derniers craignent un éventuel ralentissement de la propension à investir, déterminée par l'incertitude engendrée par la guerre entre la Russie et l'Ukraine. Le conflit en cours cause déjà de lourds dommages à l'activité de production de nos entreprises, qui doivent allonger énormément les délais de livraison des machines en attendant de recevoir à leur tour les approvisionnements en composants électroniques et en matériaux, comme le nickel, l'acier et la fonte. Tout cela risque d’entraîner des désagréments à nos clients qui doivent attendre pour la livraison de leur machine au-delà du délai fixé.  » Mais ce n'est pas tout et Barbara Colombo ajoute : «  Le temps qui s’écoule entre la commande de la machine et sa livraison est désormais passé entre neuf à douze mois contre les six à huit mois habituels. Dans un laps de temps aussi long, et dans un contexte aussi incertain, l'évolution des prix des matières premières peut avoir de lourdes conséquences sur le coût de production, érodant les marges des constructeurs de machines-outils. À cela s'ajoute l’inflation qui devient de plus en plus élevée et qui peut agir comme un multiplicateur des prix, au détriment des bénéfices venant de la production.  »

 

Des mesures à prendre

Aussi, afin d'éviter que les fabricants décident à un moment donné de ne plus accepter de commandes ou que les clients décident d'attendre une situation plus stable pour passer leurs commandes, Barbara Colombo propose «  une intervention immédiate des autorités gouvernementales auxquelles Ucimu-Sistemi per Produrre, avec d'autres associations, comme ASSOFERMET, ANIMA et ANFIA, représentant les secteurs les plus exposés, a demandé une rencontre pour envisager d’éventuelles actions à mener pour atténuer les effets du conflit en cours. En particulier, nous demandons la mise en place d’une cellule de travail avec le ministère du Développement économique et le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, afin de définir de nouveaux canaux d'approvisionnement en matières premières comme alternative à ceux habituellement utilisés et maintenant interrompus par la situation contingente. En outre, pour assurer le bon fonctionnement des filières de production utilisant des métaux – filières qui représentent une partie très importante de l'industrie européenne –, nous pensons qu'il faut envisager la suspension temporaire des mesures de l'UE (établies en 2018 en réponse aux droits de douane américains sur les importations d'acier en provenance du Vieux Continent) qui fixent des quotas d'entrée pour les matériaux en acier en provenance de pays tiers et qui imposent, en cas de dépassement des quotas, des droits bien plus lourds pour les acteurs de l’industrie européenne . »

 

Suspendre les efforts environnementaux

«  En outre, nous demandons aux autorités gouvernementales, qui travaillent déjà depuis plusieurs semaines sur des mesures visant à limiter l’impact des coûts de l’énergie pour les particuliers et les entreprises d'étendre le plafonnement du coût de l'énergie des seules énergies renouvelables à toutes les sources d'énergie que les entreprises utilisent pour leur production, poursuit la présidente. Tout en étant conscients de la nécessité de supporter la transition écologique, nous sommes obligés de souligner que, dans une situation d'urgence comme celle que nous connaissons actuellement, il faut avant tout veiller à ce que l'industrie manufacturière, premier pilier du système économique de notre pays et de toute l'Europe, puisse poursuivre ses activités de la manière la plus aisée possible. Nous ne pouvons pas permettre que des entreprises sortent du marché parce qu'elles sont accablées de coûts insoutenables ou parce qu'elles sont bloquées par l'impossibilité de produire. Ce serait un véritable dommage social. C'est pourquoi nous pensons que toutes les mesures envisagées par l'Union européenne dans le domaine de l’écologie doivent être révisées.  »

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